Manifestants d'un parti Islamiste radical bloquant une route principale après la décision de la Cour Suprême du Pakistan, à Karachi, d'acquitter Asia Bibi, mercredi 31 octobre 2018. (Ap photo/Shakil Adil)

 

En 2010 cette mère de famille pakistanaise est condamnée à mort pour avoir soi-disant blasphémé le prophète Mahomet. Son crime : avoir bu de l’eau en se servant d’un verre destiné aux seuls musulmans.

Après avoir croupi pendant presque 9 ans dans une geôle pakistanaise, seule et sans voir la lumière du soleil ou des étoiles, la Cour Suprême du Pakistan, après avoir tergiversé pendant plus d’un an, a finalement rendu son verdict : Asia Bibi devait être acquittée et libérée.

L’annonce révélée le 31 octobre a fait le tour du monde et des milliers de chrétiens ont exprimé leur joie et leur reconnaissance à Dieu pour ce dénouement que tant de personnes attendaient depuis des années. En France, comme en Grande-Bretagne, en Allemagne ou aux Etats-Unis, même les non-chrétiens se sont réjouis de voir enfin le Pakistan, un grand pays musulman, accepter de reconnaître l’injustice de cette loi “blasphème” qui permet aux fanatiques de l’Islam de faire condamner n’importe qui en brandissant cette loi, alors que dans la majorité des cas les accusateurs ne font que se venger de leurs voisins pour des disputes personnelles. Plusieurs pays, dont la France, ont offert l’asile à Asia Bibi, son mari et ses filles.

Imran Khan, ancien joueur de cricket de renommée mondiale et nouvellement élu Premier Ministre a prononcé un discours fort, le soir même, pour tenter de ramener le calme dans les grandes villes du Pakistan, où les Islamistes, furieux de l’acquittement d’Asia Bibi, ont provoqué des émeutes, incendiant voitures et magasins et exigeant la pendaison de la jeune femme. Il a déclaré que la décision de la Cour Suprême devait être honorée et qu’il n’hésiterait pas à employer les forces de l’ordre pour rétablir l’ordre public. Un discours surprenant de la part d’un homme connu pour sa ligne dure et son soutien inconditionnel à la loi sur le blasphème.

Mais il ne sembla prendre aucune décision le lendemain, 1er novembre pour rétablir l’ordre. Après la joie chez les chrétiens, la consternation. Le lendemain on apprenait que l’avocat d’Asia Bibi, Saif ul-Malook, menacé de mort pour son rôle dans la défense de la chrétienne, et à qui les autorités pakistanaises avaient refusé toute protection policière venait de prendre l’avion pour s’exiler loin du Pakistan. Il affirmait qu’il pourrait mieux défendre le sort d’Asia Bibi en étant hors du pays qu’en étant lynché dans la rue par des bandes de fanatiques. On découvrait alors que le gouvernement d’Imran Khan avait cédé aux menaces d’un grand parti islamiste du pays et avait décidé d’accorder aux Islamistes l’autorisation de présenter une pétition pour renverser la décision de la Cour Suprême du pays.

Cette décision permet donc au gouvernement pakistanais d’empêcher Asia Bibi de quitter le pays “tant que la pétition n’aura pas été présentée puis débattue par la Cour Suprême”. Dans ce pays, ce processus peut prendre… des années. Le gouvernement a également promis de ne pas poursuivre en justice les manifestants coupables de violences lors des émeutes de ces derniers jours. Asia Bibi n’a donc pas été libérée et risque de rester encore longtemps prisonnière de ce pays.

En tant que chrétiens il est difficile de comprendre pourquoi Dieu permet à cette courageuse mère de famille pakistanaise de vivre une telle épreuve qui semble interminable. Pourtant son cas n’est pas unique. Si vous êtes un jour passé par le Languedoc, dans le Sud de la France, vous avez peut-être visité la Tour de Constance, située au cœur de la petite ville d’Aigues-Mortes. Dans une grande salle de cette tour il est possible de lire, gravé dans la margelle du puits qui se dresse au centre de la pièce, le mot “Résister”. Après la Révocation de l’Edit de Nantes qui eut lieu le 18 octobre 1685, le Protestantisme fut interdit en France et la Tour de Constances devint une prison pour femmes “hérétiques”. La plus connue est Marie Durand, sœur d’un pasteur du “désert”, qui y fut incarcérée à l’âge de 19 ans et libérée seulement 38 ans plus tard ! C’est elle qui grava le mot “Résister” avec ses ongles aux cours de ses longues années de détention. Ce mot est toujours visible aujourd’hui. Dieu a Ses raisons que nous ne comprenons pas toujours (lisez Esaïe 55. 8-9). Mais ce que nous pouvons tous faire, c’est nous joindre en prière pour Asia Bibi, sa famille et tous les chrétiens anonymes du Pakistan qui craignent de plus en plus pour leur vie.

Un dernier mot : nous entendons souvent certains de nos hommes politiques, en mal de votes semble-t-il, décrire l’Islam comme une religion d’amour et de paix. Comment pouvons-nous rester indifférents devant le comportement de pays comme le Pakistan qui refusent toute liberté de croyance aux chrétiens ? Comment nos hommes politiques peuvent-ils continuer à vendre des armes à de tels pays et leur offrir une aide financière quelconque ? Peut-être serez-vous interpellé par cet article paru sur le site de Liberté politique.

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